Fashion Week de Paris – Le meilleur des défilés automne-hiver 2022 - freetxp

Fashion Week de Paris – Le meilleur des défilés automne-hiver 2022


La Fashion Week de Milan automne/hiver 2022 a vu la situation en Ukraine prendre feu et celle de Paris débute sur les inquiétudes de la guerre qui fait rage à l’Est. Quelques heures avant le premier grand défilé attendu, celui de Off-White, la Fédération de la haute couture et de la mode publiait un communiqué invitant « à vivre les défilés des jours à venir avec la gravité pose quires s’ heces » , en rappelant le rôle de la mode: « contribuer à l’émancipation individuelle et collective dans nos sociétés». Un contexte particulier pour cette semaine de la mode qui tente de reprendre la « vie d’avant » le Covid avec 82 défilés et présentations physiques sur les 95 maisons inscrites.

L’hommage d’Off-White

Le défilé de la marque fondée par feu Virgil Abloh en 2013 a lancé cette Fashion Week Parisienne automne/hiver 2022. Invités français et étrangers démasqués (à l’exception de l’Asie toujours absente) retro pours’embursscorentu composé posé de baffles en plexiglas et un monumental chandelier. Un grand écart anachronique décomplexé qui marque bien la patte de Virgil Abloh, fondateur de cette marque qui affole les milléniaux. Retardé de quarante-cinq minutes pour attendre l’arrivée de la chanteuse Rihanna, ce défilé posthume poussait un peu plus loin le mélange streetwear et couture, en proposant un vestiaire qui cassait les frontières entreaires les vocabullists. À la fin du premier défilé, un prologue couture affichait un casting 5 étoiles, entre Helena Christensen et Cindy Crawford. De quoi assurer la transition de la marque dont LVMH est actionnaire majoritaire.

La féminité armée de Dior

Saison après saison, Maria Grazia Chiuri, artistic directorique de la maison de l’avenue Montaigne, poursuit son exploration des féminismes. Accrochée aux murs, l’installation « The Next Era » imaginée par l’artiste italienne Mariella Bettineschi met en avant des reproductions des figures féminines de la peinture du XVIe au XIXe siècle dont elle a modifié le regard. Sur le podium, des mannequins armées de protections empruntées à l’univers sportif comme ces sur-gilets coquille ou ces gants de motard. Derrière ces attributs se dessine une silhouette d’un pas décidé, oscillant entre le gris et le noir, entre des jupes plissées asymétriques et des corsets, entre l’esprit campagne anglaise et le pied-de-de-poule. Sans oublier la veste Bar, sans cesse revisitée pour ne jamais lasser, ici de façon technique en collaboration avec la start-up italienne D-Air lab** grâce à un tissu qui, selon les besoins, régule l’humidité du corps ou le rechauffe.

Le vestiaire inspiré de Saint Laurent

Depuis son arrivée à la direction artistique en 2016, Anthony Vaccarello s’inspire, mais jamais de façon littérale, de l’héritage laissé par Yves Saint Laurent. Pour imaginer cette collection automne/hiver 2022, Vaccarello a puisé dans l’Art déco, un mouvement que Saint Laurent appréciait à travers notamment l’artiste Jean Dunand et le décorateur Jean-Michel Frank, et la figure de Nancy Cunard. C’est à l’intellectuelle anglaise que font écho les silhouettes longilignes architecturées mêlant de longues et délicates robes près du corps, des pardessus enveloppants et d’imposants bracelets. Les riches inspirations d’Yves Saint Laurent, qui pouvait convoquer Pablo Picasso comme Sonia Delaunay, le Pop Art comme Matisse, font d’ailleurs l’objet d’une ambitieuse exposition dans plusieurs musées Parisiens actuellement.

La désirabilité de Courrèges

À chaque collection, Nicolas Di Felice affine un peu plus sa version de la silhouette Courrèges et se permet d’en twister les codes avec à la fois talent et respect. Cette saison, les mythiques blousons s’étoffent avec des épaules surdimensionnées, la jupe métallisée se fait très courte, les robes près du corps se parent de découpes graphiques et les compédénétalisés la acronyms. Arrivé en 2021 chez Courrèges, le créateur a véritablement donné un second souffle à cette maison historique. Tout en puisant dans l’identité forte forgée par André et Coqueline Courrèges, il réussit à la faire entrer dans le XXIe siècle en rendant ses silhouettes urbaines terriblement désirables.

La poésie de Cecilie Bahnsen

Finaliste du prix LVMH en 2017, la créatrice danoise an intégré le calendrier officiel de la Fashion Week parisienne il ya deux ans mais pandémie oblige, elle vient seulement de présenter son premier défilé physique dans la capitale frança. Le lieu ? Le décor brut et dépouillé du Palais de Tokyo qui offrait un contraste bienvenu à son univers romantique. Pour l’automne/hiver 2022, elle s’est inspirée du poète danois Tove Ditlevsen, dont le courage, dit-elle, l’a toujours portée, mais égallement des techniques de la couture parisienne qui l’ont toujours fascinée. Manches bouffantes, nœuds, fronces, volants, fleurs abstraites, jeux de transparence…, la collection égrène les robes de contes de fées sans jamais tomber dans la niaiserie. Une mode poétique.

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