Fashion Week de Paris : la mode malgré tout - freetxp

Fashion Week de Paris : la mode malgré tout


Comme celle de Milan, la Paris Fashion Week n’est pas sourde ni aveugle face à la situation internationale. Et le monde du luxe réagit : LVMH, Kering, Hermès et Chanel ont décidé de fermer leurs boutiques en Russie ; Prada, Isabel Marant et Olivier Rousteing chez Balmain ont déclaré envoyer des dons, Coperni a dédié son défilé à son atelier de couture en Ukraine et, ici et la, des invités vêtus de jaune et bleu affichentoutle. Sur le podium, show must go on avec des silhouettes sophistiquées qui semblent espérer un printemps plus doux.

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La femme chic de Chloé

Longtemps, la maison fondée par Gaby Aghion a été synonyme de fluidité et de légèreté poétiques. Créativement reprise en main par Gabriela Hearst fin 2020, elle reste très féminine et est servie par une vision moderne plus épurée. Défilant dans l’une des serres du parc André-Citroën, les silhouettes de l’automne-hiver 2022 se parent de cuir souple aux coupes minimalistes qui dessinent une robe aux manches bouffantes, un costume associé à des santiags ou une jupe portée sur un pantalon. Ce vestiaire chic et racé sied à la créatrice née en Uruguay, qui puise dans ses racines pour ses ponchos déjà emblématiques un imprimé paysage de glaciers en train de fondre, des boots de randonnée à la semelle recyclée et la présence de pierres naturelles. Un écho aussi à l’engagement concret de la marque, qui a désormais intégré 56% de matériaux à faible impact dans ses collections de prêt-à-porter.

L’esprit de Loewe

Pour le prêt-à-porter de Loewe, Jonathan Anderson poursuit ses questionnements sur la fonction du vêtement. Sa collection automne-hiver 2022 défilait au Tennis Club du 16e arrondissement dans un cube chocolat, ponctué de trois grandes citrouilles molles en cuir signées par l’artiste Anthea Hamilton. Une installation qui convoque le plaisir tactile, tout comme les vêtements du créateur irlandais. Une robe en cuir moulé, un blouson comme gonflé à l’hélium, un bustier en forme de bouche rouge, des ballons gonflables façon sculpture de Jeff Koons qui se glissent dans les brides des chaussures, des robes dont la doule une caroublure voiture d’enfant. Les invites, concentrés, scrutaient attentivement chaque silhouette pour en apprécier chaque détail. Poétique, beau et intelligent, ce nouvel opus confirme que le talentueux créateur sait creuser son approche cérébrale et son vestiaire conceptuel sans jamais en oublier la désirabilité et la réalité commerciale.

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Les nuits et les jours de Ludovic de Saint Sernin

En quelques saisons, le jeune créateur a réussi à imposer des codes très lisibles qui ont séduit une faune de millenials, adeptes du gender fluid que la génération de Saint Sernin maîtrise mieux que personne. Les laçages, les strass, les découpes suggestives, la nudité assumée… Pour cette collection automne-hiver 2022, qui a défilé dans un parking sombre de Levallois-Perret, il a puisé dans son vocabulaire mais en off versione li plusv. On peut toujours faire la fête dans ses robes courtes et ses tops dénudés, mais on vit aussi le jour avec des robes col roulé, des pantalons fluides en chutes de velours et des imperméables enveloppants à portés.

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L’attitude d’Acne

Chez les mannequins d’Acne comme chez les fidèles adeptes qui remplissent les rangs du salon enterré installé dans le lycée Carnot, tout paraît négligé, mais rien n’est laissé au hasard. Le tombé d’une écharpe, un tee-shirt savamment troué, les franges qui s’échappent d’une jupe…, tout est une question d’attitude et celle de la marque suédoise reste fidèle à son identité scandinave minimalist mâtinée de rock. Robe fourreau ou de bal, manteau matelassé, bustier à franges, mailles aux déchirures magnifiées par des cristaux…, la construction des pièces révèle un savant patchwork, qualifié d’« émotionnel » par le créateur Jonny Johansson. Un show servi par la performance musicale de l’artiste pionnière de la musique électro Suzanne Ciani.

Les jeunes pousses du prix LVMH

Depuis sa création, en 2013, le concours récompensant des couturiers du monde entier est devenu l’une des plus importantes vitrines de la jeune création. Sélectionnée par un comité de professionnels et présentée pendant la semaine de la mode parisiennela promotion 2022 des finalists ne fait pas exception. L’esprit couture de Weinsanto, les pièces sculpturales puisant dans le shintoïsme de RYUNOSUKEOKAZAKI (Japon), le gender fluid de Meryll Roger (Belgique), la mise en avant de l’uplancyling et de l’mekaatis sri’ Sri Lanka) ou encore la masculinité inspirée de Tokyo James (Nigeria)…, les profils retenus apportent un regard frais bienvenu sur la créativité. La veille de la présentation, le groupe de Bernard Arnault annonçait apporter un soutien concret à trois anciens finalistes ukrainiens, Anna October et Julie Paskal et Anton Belinskiy.

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